Déclaration liminaire de la CGT
au CST de la Mairie de Nanterre du 19 février 2026
Le RIFSEEP remet en cause le principe d’égalité de la rémunération, à grade et
fonctions identiques. Il s’agit d’un outil d’individualisation des rémunérations, qui n’a
pas sa place dans les services publics puisqu’il introduit :
- Une iniquité induite par l’hétérogénéité de la cotation des postes selon les secteurs professionnels
- Une opacité sur les critères d’attribution individuels.
Sur le premier point, attribuer une cotation à des missions publiques extrêmement
diverses est subjectif. Comment évaluer par exemple les fonctions d’accueil et
d’accompagnement social, les missions techniques et de coordination ? Comment
« hiérarchiser » ces missions et la rémunération des agent-es public-ques qui les
mettent en œuvre ?
Sur le second point, c’est à dire l’individualisation au sein des mêmes fonctions,
comment prendre en compte l’impact du travail collectif sur les missions ? Pour
reprendre l’exemple de l’accompagnement social, les résultats qualitatifs et
quantitatifs d’un accompagnement dépendent en partie de l’ensemble de
l’environnement institutionnel, tout autant que des interactions avec les usager-es.
Rappelons par ailleurs que les recours sur les CREP ont démontré d’importantes
disparité sur l’évaluation individuelle des agent-es public-ques, en fonction d’objectifs
qualitatifs qui, pour certains, ne peuvent qu’être partiellement atteints ! Et sur les
critères managériaux, la partialité est la règle !
Dans un contexte de recul permanent du pouvoir d’achat des fonctionnaires, certain-es pourraient croire que l’individualisation de la rémunération leur permettra
d’obtenir la reconnaissance qu’elles et ils méritent. C’est bien sûr illusoire et risqué,
mais surtout inacceptable si le bonus est obtenu en faisant les poches des collègues.
A Nanterre, la CGT a longuement bataillé pour refuser la mise en place de cette
individualisation des rémunérations au 1er janvier 2022. Et nous continuons la bataille,
en affirmant que c’est la revalorisation du point d’indice qui peut vraiment changer
la donne et augmenter nos rémunérations.
Mais comme nous n’acceptons pas la stratégie de la chaise vide, nous participons aux
ateliers sur la clause de revoyure RIFSEEP en cherchant à défendre nos principes :
- Plutôt que la logique du « plancher/plafond », nous sommes favorables aux « montants de référence » permettant de limiter les inégalités pour les mêmes fonctions exercées
- Nous défendons le référentiel du répertoire des métiers du CNFPT, tout en étant attaché-es au principe du déroulement de carrière
- Nous bataillons pour la reconnaissance des responsabilités, de l’expertise et des qualifications professionnelles
- Nous bataillons pour une augmentation de la rémunération de notre travail
C’est dans ce cadre que nous avons participé à la rencontre avec le Maire du 20 janvier.
Notre exigence de travailler à partir d’un budget identifié y a été entendue puisque
notre employeur a annoncé que, sous réserve du vote du budget, une revalorisation
de 800.000€ a minima était envisagée pour la première étape de la revoyure.
C’est dans ce cadre également que nous choisissons le calendrier de l’option 2, qui
permet de travailler sur la mise en œuvre prioritaire de la revalorisation pour les plus
bas salaires, avec une hausse de l’IFSE des agent-es C/B au 1er septembre 2026, et la
mise en œuvre de la revalorisation pour les agent-es A en janvier 2027.
Télécharger la déclaration liminaire ici

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