Enquête sur les fortes chaleurs – Juillet et août 2026
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les membres de la F3SCT,
Les épisodes de canicule se multiplient et ne sont plus exceptionnels : c’est désormais la réalité du dérèglement climatique. Ils ont des conséquences directes sur les conditions de travail des agent .es, leur santé et la qualité du service rendu aux habitant.es.
Pour la CGT, la santé des agent.es ne doit jamais être la variable d’ajustement. Les employeurs ont l’obligation de prévenir et d’anticiper les risques liés aux chaleurs en adaptant l’organisation du travail.
Notre intervention concerne les résultats de l’enquête que nous avons menée auprès des agent.es sur leurs conditions de travail pendant les épisodes de fortes chaleurs de juillet et août 2026.
Au 15 septembre 2026, 122 agent.es ont répondu à cette enquête, dans 19 Directions.
Ce qui ressort de leurs réponses est particulièrement préoccupant. Nous voulons le dire clairement : la chaleur n’est pas simplement une question de confort au travail. C’est une question de santé, de sécurité et de conditions de travail.
Le premier constat questionne la prévention.
Seuls 24,6 % des agent.es déclarent que leur hiérarchie a recensé les personnes vulnérables. À l’inverse, la majeure partie des agent.es répondent non ou indiquent ne pas savoir si ce recensement existe.
Pour nous, c’est un véritable problème : Un.une collègue vulnérable doit pouvoir être identifié.e dans un cadre confidentiel, mais surtout savoir quelles mesures peuvent être mises en place pour le/la protéger.
L’information sur les alertes météo semble, elle, mieux assurée puisque 76,5 % des agent.es déclarent avoir été informés par leur hiérarchie.
Mais informer les agent .es qu’il fait chaud et qu’il faut s’hydrater ne suffit pas.
Il faut adapter le travail aux conditions climatiques. Et c’est justement là que les résultats deviennent particulièrement préoccupants. Seuls 25,4 % des agent.es déclarent que leurs missions ont été adaptées pendant les fortes chaleurs. Cela signifie qu'une majorité d'agent.es ont continué à exercer leurs missions dans des conditions qui n'étaient pourtant plus celles d'une journée de travail normale.
Concernant les horaires, seuls 36,7 % déclarent avoir bénéficié d'une adaptation.
Pour la CGT, lorsque les températures deviennent difficiles à supporter, il faut pouvoir agir concrètement : aménager les horaires, commencer plus tôt, décaler certaines activités, renforcer les temps de pause, limiter les travaux physiques pendant les heures les plus chaudes et adapter temporairement certaines missions.
Il n'est pas possible de demander aux agent.es de travailler comme en temps normal alors que les conditions de travail ne sont plus normales.
Un autre chiffre nous interpelle particulièrement : 78,6 % des agent.es déclarent avoir travaillé dans des locaux dépassant 30 degrés et qualifient cette situation d’insupportable. Et dans près de 80 % des cas, le principal moyen de rafraîchissement mis à disposition est… Le ventilateur (parfois partagé entre collègues et déplacé). La CGT ne remet évidemment pas en cause l'utilité d'un ventilateur. Mais lorsqu'un local dépasse durablement 30 degrés, le ventilateur ne peut pas constituer à lui seul une politique de prévention.
Nous demandons donc une véritable réflexion sur les bâtiments, les équipements, l'isolation, le rafraîchissement des locaux et l'organisation du travail. Car les conséquences sur les agent.es sont très importantes.
Près de 89 % des agent.es déclarent avoir ressenti un impact sur leur santé ou leur sécurité.
Et surtout, 96,7 % déclarent avoir ressenti une fatigue inhabituelle pendant ou après les épisodes de fortes chaleurs. Ce chiffre est extrêmement révélateur.
La chaleur ne s'arrête pas à la fin de la journée de travail.
89,1 % des agent.es déclarent également avoir rencontré des difficultés pour dormir.
Et près de 64,4 % déclarent avoir ressenti des désagréments pendant leurs trajets domicile-travail.
Cela signifie que certain.es agent.es arrivent au travail déjà fatigué.es et doivent ensuite exercer leurs missions dans des conditions difficiles. Nous devons donc avoir une vision globale de la prévention : avant le travail, pendant le travail et après le travail.
L'enquête montre également que la chaleur a un impact direct sur la capacité des agent.es à exercer leurs missions :
83,4 % déclarent rencontrer des difficultés pour exercer leur travail pendant les fortes chaleurs.
Et 31,6 % déclarent s'être sentis en danger lors de leurs missions.
Ce n'est pas un chiffre que nous pouvons ignorer.
Autre élément important : 67,2 % des agents ont le sentiment qu'on leur demande de travailler comme en période normale malgré les fortes chaleurs. C'est précisément sur ce point que nous demandons à la Ville d'agir. Il ne s'agit pas de remettre en cause le travail des agent.es ni la continuité du service public. Il s'agit au contraire de permettre la continuité du service public dans des conditions qui protègent réellement les agent.es.
Enfin, lorsque les agent.es sont interrogé.es directement sur les mesures prises par l'employeur, 61,7 % les considèrent insuffisantes ou pas du tout satisfaisantes.
Nous ne voulons pas que cette enquête reste simplement un constat
Nous demandons qu'elle débouche sur un véritable plan municipal de prévention des fortes chaleurs, présenté et suivi en F3SCT.
Nous revendiquons notamment :
- L'inscription du plan Canicule dans le DUERP
- Un recensement clair et confidentiel des agent.es vulnérables
- Une adaptation des horaires et des missions voir une réduction du temps de travail
- Des pauses et des temps de récupération supplémentaires lorsque cela est nécessaire
- Un accès permanent à de l'eau fraîche
- De véritable ilots de fraicheur
- Des équipements adaptés pour maintenir une température du corps (gilets réfrigérants)
- La mesure et la traçabilité des températures dans les locaux
- Des mesures spécifiques pour les agent.es travaillant à l'extérieur
- Le recours facilité au télétravail lorsque le poste le permet
- Un plan pluriannuel pour rénover les bâtiments, installer les stores etc…
- Et surtout, un suivi régulier en F3SCT des mesures réellement mises en œuvre.
La CGT demande donc que la Ville travaille dès maintenant à un dispositif pérenne. Nous devons anticiper les prochains épisodes de fortes chaleurs et ne plus attendre que les agent.es soient déjà en difficulté pour agir. Pour conclure, cette enquête nous donne un signal très clair :
78,6 % des répondants déclarent avoir travaillé dans des locaux dépassant 30 degrés.
96,7 % ont ressenti une fatigue inhabituelle.
89,1 % ont rencontré des difficultés pour dormir.
83,4 % ont rencontré des difficultés pour exercer leurs missions.
Et 67,2 % ont le sentiment de devoir travailler comme si de rien n'était malgré la
chaleur.
Ces chiffres doivent maintenant être suivis d'actions concrètes.
Pour la CGT, la prévention des fortes chaleurs doit devenir une véritable politique de santé et de sécurité au travail à la Ville de Nanterre.
Nous demandons donc que cette enquête soit prise en compte dans les travaux de la F3SCT et qu'un plan d'action précis à court, moyen et long terme avec des mesures concrètes et un calendrier de mise en œuvre, soit présenté aux représentant.es du Personnel.
Par ailleurs, nous appelons à rejoindre la manif CLIMAT du 26 septembre qui partira de NATION à 14h00 (départ collectif à 13h30 de Nanterre Préfecture). Voir NOTRE APPEL
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